Un défilé de mode
Tout au long du défilé, de nombreuses femmes ont fait des témoignages bouleversants. Il faut dire que la proportion de femmes victimes du VIH/SIDA est de plus en plus élevée. D’abord, physiologiquement, les femmes sont plus vulnérables au virus. Mais surtout, elles sont trop souvent des victimes passives. En effet, alors que tout est mis en oeuvre pour éviter qu’une femme ne soit infidèle, l’infidélité du mari est beaucoup plus tolérée. Dans la mesure où la polygamie est une pratique courante au Mali, elle est même normale. Ainsi, c’est souvent l’homme infidèle qui, le premier, contracte le virus, pour le transmettre ensuite à sa ou à ses épouses.
Presque toutes les femmes qui ont témoigné sont maintenant de jeunes veuves, laissées seules, malades, parfois avec quelques enfants à charge. Alors qu’au Mali, ce sont les maris, puis leur famille à leur décès, qui ont la responsabilité de subvenir aux besoins des femmes et des enfants, une femme séropositive devenue veuve sera trop souvent rejetée par la famille de son mari. En effet, les personnes atteintes du VIH sont très stigmatisées. Pour bien des gens ici, le SIDA est une maladie de pervers, de gens de mauvaise vie. C’est ce à propos de quoi ont témoigné certaines femmes, dont cette femme qui a fait preuve de beaucoup d’humour en attachant à son habit traditionnel des préservatifs gonflés.
Mais le témoignage le plus touchant à mon avis a été fait par la femme qui porte des cacahuètes dans les cheveux. Elle a raconté qu’avant d’être prise en charge par ARCAD-SIDA, elle était tellement malade, son souffle était si faible, que sa famille l’a mise dans le linceul des morts, convaincue qu’elle était déjà morte. Ils ont fait toute une tête quand, sous son linceul, elle a éternué ! Elle a été si bien soignée que, d’agonisante, elle est devenue une personne en forme, pleine d’énergie, capable de défiler et de danser avec les autres femmes.
le Thème ?
A bientot Fantaxxxxx