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mercredi, novembre 01, 2006

Le baptême de Simone

Le duo Amadou et Mariam chante que les dimanches à Bamako, c’est jour de mariage. En fait, c’est à la fois les jeudi et les dimanche surtout que l’on célèbre ici, non seulement les mariages, mais également les baptêmes. Et l’un et l’autre sont toujours de grandes fêtes auxquelles on invite beaucoup de monde, généralement la famille entière, mais également les collègues de travail. C’est ainsi que je me suis retrouvée, dimanche dernier, au baptême de Simone. Âgée d’à peine trois semaines, elle est la petite dernière du chauffeur d’ONUSIDA, Bruno-Michel, qui est aussi le papa de Gilbert et de Marie-Jeanne (une photo des parents et de la petite ici).

Bruno-Michel fait partie de la petite minorité de chrétiens au Mali (ils sont en fait 5%, contre 95% de musulmans). C’est donc à l’église du Centre Père-Michel que je me suis retrouvée, à 8h pile dimanche dernier, pour assister à la célébration du baptême. La cérémonie religieuse, très semblable à un service religieux canadien, avec la quête, les prières, la communion, etc. ne m’a pas trop dépaysée. Ce sont surtout la température dans l’église (un four !) et la chorale qui m’ont rappelée que j’étais en Afrique. En effet, la chorale était accompagnée par la musique des djembés et, plus on approchait de la fin de la cérémonie, plus l’assistance tapait des mains. La chorale a aussi dansé un peu, en formant un cercle autour de la petite Simone, de ses parents et de ses parrain et marraine. Ça faisait penser un peu à du gospel, avec tout de même un peu plus de retenue.

Une fois la cérémonie religieuse terminée, tous les invités se sont retrouvés dans la cour où habite Bruno-Michel et sa famille, à l’ombre des cocotiers et d’une grande tente louée pour l’occasion. Et au fond, quand il est question de fêter, c’est du pareil au même, que l’on soit au Canada ou au Mali : tout le monde sort ses plus beaux habits, se coiffe, se maquille et se parfume, on sert des hors-d’oeuvres, puis on mange, beaucoup, souvent trop, on boit, les enfants s’amusent, dansent un peu, puis peu à peu les adultes se mêlent aussi à la danse, les monsieurs taquinent les petites filles, on offre des cadeaux, les gens s’amusent, ils sont contents de se voir… Là où ça change, c’est dans les détails, surtout. De beaux vêtements au Mali, ce sont souvent des vêtements faits de bazin. Alors que les femmes ont l’habitude de maquiller leurs sourcils pour les épaissir de façon presque caricaturale, les hommes portent des habits veston-cravate (souvent sans la cravate à cause de la chaleur) ou des boubous. Comme j’étais invitée dans une famille catholique, on a servi un peu de bière, du cinzano et du pastis. Mais les musulmans généralement ne boivent pas, et comme ils étaient nombreux parmi les invités, l’alcool ne coulait pas à flots. Franchement, ça a au moins l’avantage de conserver à la fête son caractère bon enfant. Quand est venu le moment de manger, on a servi du riz au gras (essentiellement du riz cuit dans l’huile auquel on mélange un peu de viande de mouton) dans de grands plats de plastique posés à même le sol, et en groupe de 4 ou 5 personnes, on a mangé dans le même seau posé par terre, avec la main droite. Un peu plus tôt, on avait fait circulé des seaux d’eau dans lesquels tout le monde s’était lavé les mains. Comme j’ai pas trop la méthode pour manger avec la main, on m’a gentiment prêté une cuillère.

Ensuite est venu le thé. Ah, mais là, avis aux intéressés : quand on accepte un premier thé, il faut s’assurer d’avoir beaucoup de temps devant soi. En effet, on sert toujours trois thés, et il est, paraît-il, fort impoli d’en prendre un sans prendre les trois. Mais ce qu’il faut surtout savoir, c’est qu’entre le service de chaque thé, il faut compter près d’une heure. On dit du premier qu’il est amer comme la vie. Il est en fait à la fois très amer et très sucré. On dit du second qu’il est fort comme l'amour. Enfin, on dit du troisième qu’il est doux comme la mort. Effectivement, le troisième thé a perdu toute amertume et n’a gardé que son goût très sucré. On le sert dans de tout petits verres, ce qui donne pour chacun une petite gorgée. C’est toujours un homme qui prépare le thé, dans une toute petite théière bleue. Il le fait bouillir sur un petit tas de charbon déposé dans un contenant en broche, et il s’assure ensuite de bien le faire mousser, en le versant de très haut.

Comme j’étais la seule blanche là-bas, ou presque, j’ai bien sûr un peu attiré l’attention, malgré moi. Quand on est une minorité visible, c’est presque inévitable. Ainsi, qui, pensez-vous, s’est retrouvée avec, autour du cou, le piton qu’élève Alain, le frère de Bruno ? Moi, bien sûr ! On s’est assuré d’immortaliser le tout, mais une fois la photo prise, je vous jure, je me suis dépêchée de retirer la bébitte de sur mes épaules, même si mon patron, qui est médecin, m’a bien assurée qu’un piton n’était pas venimeux du tout. Tout le monde a bien ri, mais je suis sûre qu’ils auraient tous été aussi effrayés que moi s’ils s’étaient retrouvés avec un serpent comme ça autour du cou…

J’ai finalement quitté la fête vers 15h, après avoir bien mangé, trop mangé. La petite Simone, quant à elle, dormait depuis longtemps, bien attachée sur le dos de sa grand-maman.

7 Commentaires:

  • Bravo, ça fait une photo mémorable, ce python drapé sur les épaules. J'en connais peu qui accepteraient ce genre de baptême ;-) Était-il froid? lourd? bougeait-il beaucoup? K

    Par Anonymous Kris, le mercredi, 01 novembre, 2006  

  • C'était lourd et un peu dégoûtant, un peu froid aussi, parce que franchement, il était justement en train de muer, de changer de peau donc... Mais heureusement, il bougeait pas du tout ! Et en fait, j'ai pas vraiment insisté pour me faire photographier avec un piton sur les épaules. C'est plutôt tous les invités qui là-bas qui ont insisté !

    Par Blogger Johanne, le mercredi, 01 novembre, 2006  

  • Es-ce que la nourriture la bas
    est bonne, Es-ce que ses propres
    pas sur que certaines de nos tantes
    ce remplirais le ventre !!!!!

    Bye

    Josée

    Par Anonymous Anonyme, le mercredi, 01 novembre, 2006  

  • bonjour,johanne je trouve cela trés intéressant, ce sont de trés belles photos et des documents bien expliqués.je te félicite continue ca va bien. de mon oncle andré mes salutations pauline se joint a moi baye

    Par Anonymous andré veilleux, le mercredi, 01 novembre, 2006  

  • T'as vu Amadou et Miriam en show? Ah ben là je suis pas mal jalouse!

    Un peu moins jalouse pour le serpent..

    Par Blogger Julie, le mercredi, 01 novembre, 2006  

  • bien oui! t'es full pine populaire! et surtout avec un serpent autour du cou, ca aide! hihi!
    IL A FAIT BEAU AUJOURD'HUI A QUÉBEC! ca vaut la peine de le mentionner avec les averses torentiels qui nous sont tombés sur la tete (pas artificiels ceux-la, quoiqu'on sait jamais) au cours des derniers jours (dernieres semaines plutot), on est tout blanc. et en manque de vitamines. Envoie-nous en un peu du soleil et de la chaleur johanne!

    Par Blogger Marie-Alexandra, le mercredi, 01 novembre, 2006  

  • Bonjour à tous,

    Concernant la nourriture ici, Josée, je vais écrire un billet à ce sujet bientôt. Mais ce que je peux dire déjà, c'est que c'est très différent de la nourriture canadienne.

    Bonjour à mononcle André et matante Pauline...

    Julie, eh! bin non, maheureusement, j'ai pas encore vu Amadou et Mariam en spectacle, mais j'espère que ça se fera d'ici à ce que je reparte !

    Marie-Alexandra, je t'envoie dès aujourd'hui une pleine cargaison de soleil... Ca devrait arriver chez vous d'ici la semaine prochaine ! ;-)

    Par Blogger Johanne, le jeudi, 02 novembre, 2006  

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