La Tabaski
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Puis le carnage a pu commencer. En fait, à la Tabaski, il est d’usage de tuer un ou plusieurs béliers dans chaque famille en guise de sacrifice. Ainsi, chaque famille a égorgé ses béliers. Puis le boulot a commencé. Les hommes et les femmes se sont mis au travail afin d’abord d’enlever la peau à l’animal. La peau, en effet, sera utilisée pour faire des tapis de prière. Puis on arrange la viande qui sera mangée au cours de la journée et des jours à venir.
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À la Tabaski, la coutume veut également que les familles distribuent un peu de viande aux gens des alentours. C’est ainsi que Nathalie et moi, on s’est retrouvées avec, dans le frigo, une patte de mouton gracieusement offerte par le vieux Coulibaly. Comme on n’a pas de couteau décent pour couper la viande, on a au moins réussi à retourner ce présent chez les Coulibaly, qui se sont occupés d’arranger la viande, après qu’on leur ait expliqué que, d’abord, on n’était pas équipées pour ça, et puis que, de toutes façons, autant de viande allait se gaspiller avant même qu’on ait pu la manger. C’était quand même spécial de voir une patte de mouton au fond de notre mini frigo !
Bref, pour une bonne partie de la journée, la plupart des familles ont beaucoup travaillé pour préparer la viande. C’est seulement une fois que tout a été bien arrangé que les femmes ont revêtu leurs beaux habits tout neufs, leurs beaux souliers, et puis voilà ! Toute cette journée, il faut le dire, m’a laissée un peu perplexe. On préparait la fête depuis si longtemps ! Quand on me parlait de fête, je m’attendais à entendre de la musique, à voir des gens danser, à voir des gens s’amuser, jouer, rire… Eh ! bin non. D’après ce que j’en ai compris, faire la fête, à Bamako, c’est tuer un mouton, puis travailler, travailler et travailler, pour enfin revêtir de beaux habits et se faire photographier ainsi…
Franchement, je ne sais pas si c’est à cause de la religion ou quoi, mais depuis que j’ai traversé la période des fêtes à Bamako, j’ai l’étrange sentiment que les Maliens ne savent pas s’amuser. Ou en tous cas, leur façon de s’amuser et de faire la fête est vraiment différente de ce à quoi je suis habituée… Quelqu’un m’a dit que les fêtes, au Mali, c’est en brousse que ça se passe, qu’en fait, à Bamako, ça manquait d’ambiance. J’espère que c’est vrai ! Parce que franchement, les fêtes, à Bamako, il faut le dire, c’est plate !
Avant de venir au Mali, je connaissais des Africains leur goût pour la danse, leur goût pour la musique. Pour moi, les Africains, ce sont des gens qui, généralement, ont le coeur à la fête. Malheureusement, je n’ai pas retrouvé ce trait de caractère chez les Maliens de mon entourage au cours des fêtes qui se terminent à peine… Ou alors je fréquente les mauvaises personnes ?! En tous cas, je dois le dire, ça me manque vraiment de voir des gens s’amuser, lâcher leur fou, crier, danser, chanter… Dans certains cas, j’apprécie beaucoup la pudeur et la réserve typiques aux Maliens. Mais quand vient le temps de faire la fête, c’est une autre histoire !