Il y a quelques jours,
on m’a questionnée sur les maisons de Bamako, leur architecture. Je ne suis pas une spécialiste de la question, mais il est vrai que, quand je présente des photos des maisons de mon quartier, l’architecture peut sembler assez peu développée. Les maisons de mon quartier, Lafiabougou, sont généralement construites en banco, avec toit en tôle, et les déchets déposés directement dans les rues donnent à l’ensemble un aspect un peu misérable. Les maisons de mon quartier sont en fait organisées selon un ancien modèle, et elles sont destinées à recevoir une famille nombreuse, du grand-père à la petite fille.
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Elles s’articulent autour d’une cour centrale, où l’on fait la vaisselle, la cuisine et la lessive. C’est là aussi que se déroulent les cérémonies officielles : mariages, baptêmes, fiançailles. Au centre de la cour se trouve un puits, et les toilettes, non couvertes, sont situées le long du mur qui ceinture la maison. Mais le quartier que j’habite, populaire, n’est pas représentatif de Bamako dans son ensemble. S’il y a des gens très pauvres à Bamako, il y a aussi des gens très riches.
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Ainsi, outre les quartiers plus anciens de Bamako, il existe des quartiers riches au sein desquels on construit des maisons de style villas. C’est le cas du quartier ACI 2000, voisin de Lafiabougou, où le développement résidentiel est rapide. Le quartier, autrefois occupé par l’ancien aéroport de Bamako, a été acheté en masse par les Sarakolé, aussi appelés les Soninké, une des ethnies qui peuplent le Mali.
Les
Sarakolé sont en fait, par tradition, de grands voyageurs. Ainsi, nombreux sont ceux qui se sont expatriés vers les pays côtiers ou en France. On dit même que, dans les années ’60 et ’70,
les Sarakolé étaient le symbole de l’immigré africain en France. On reconnaît les Sarakolé à leur nom de famille : Diagouraga, Sylla, Diawara, Doucouré, Diaby, Bathily… et on reconnaît leurs femmes aux nombreux bijoux qu’elles portent, notamment au nez et aux oreilles. À cause de leurs habitudes migratoires, les Sarakolé sont généralement des gens fortunés. C’est pourquoi les maisons qu’ils construisent, notamment dans ACI 2000, sont très différentes des maisons de mon quartier.
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Les villas qu’on y construit s’inspirent des maisons bâties autrefois par et pour les colons français. Le style néo-soudanais est très présent dans les décorations en béton qui ornent les façades. Contrairement aux maisons africaines traditionnelles, séparées du monde extérieur par un simple mur et organisées autour d’une cour centrale, les maisons de style européen sont davantage tournées vers l’extérieur. Alors que les premières favorisent une vie commune à l’abri des regards, les secondes cherchent à se mettre en évidence. Toutefois, il est intéressant de constater que les Maliens, même quand ils habitent des villas, ne perdent pas nécessairement t
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outes leurs habitudes, et continuent de faire la cuisine, la vaisselle ou la lessive dans la cour, et mangent autour d’un plat posé par terre ou sur la table du salon. D’ailleurs, c’est seulement dans les maisons de toubabs que j’ai vu des cuisines telles qu’on les connaît au Canada et en France, avec comptoir, table et chaises... Comme quoi il y a de ces habitudes qu’il est agréable de conserver… j’imagine…
Source :
http://users.swing.be/geoffroy.magnan/mali/4Vernac.htm#Bamako
c'est bien! est-ce que la structure est en béton? charpente de bois?
y a t'y des systemes de ventillation, plomberie, des plafonds suspendu comme ici, du gypse? du bois? surement pas beaucoup..
hey!