La pluie et le beau temps

À Bamako, le calme et la tranquilité ne sont pas des mots à la mode. Il y a des matins où, quand je vois le soleil briller, il me prend des envies d’aller tranquillement boire mon café sur la terrasse, espérant écouter le chant des oiseaux, le bruit du vent qui souffle dans les feuilles des arbres. Plutôt, j’entends les enfants crier, des ballons qui frappent sur les murs, des femmes qui pilent le grain, des tailleurs ambulants qui frappent leurs ciseaux pour qu’on sache qu’ils sont là, la trompette des vendeurs de glace qui fait “pouet ! pouet!”, l’appel à la prière que l’on chante dans des haut-parleurs des mosquées. Quand les gens sortent leur tapis de prière pour se recueillir quelques minutes, ils le font dans un bruit incessant… D’ailleurs, les Maliens semblent beaucoup moins indisposés par le bruit que l’occidentale que je suis peut l’être. Le son de la télé, mélangé à la musique qui joue à tue-tête, mélangé aux conversations des gens, mélangé au cri des enfants, mélangé à l’appel à la prière, il y a rien là ! Alors qu’avec autant de bruits, je deviens rapidement à fleur de peau, les Maliens ne semblent pas s’en formaliser. C’est normal… c’est la vie quoi ! Effectivement, le bruit, c’est signe de vie… Mais arrêter le temps quelques heures, c’est possible ?... Ou alors c’est un luxe qu’on ne peut pas se payer quand on sait que l’espérance de vie dans son pays est de 48 ans à peine ?...