Le Mali, un pays riche ?
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Ainsi, une unité d’assemblage de tracteurs a été construite (par les Chinois, dont la présence au Mali est indéniable !), car, nous apprend L’Essor, « la mécanisation de l’agriculture est une cause chère au chef de l’Etat. » Amadou Toumani Touré souhaite, en effet, faire du Mali une puissance agricole. Les 16 tracteurs qui seront produits chaque jour devraient « contribuer à impulser la révolution agricole. »
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Il y a quelques semaines, j’ai discuté un peu avec des gens de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI). Selon eux, l’un des problèmes d’un pays comme le Mali est qu’il ne priorise pas les bonnes activités. Il dépense des milliards à des projets sans grand potentiel, et il néglige des secteurs porteurs, notamment l’éducation. Bon, d’accord, je vous entends venir : la Banque mondiale et le FMI ne sont pas sans reproches. Certes, ces institutions sont souvent situées à la droite du spectre politique, et généralement, elles mettent de l’avant le développement économique d’un pays, parfois aux dépens de la qualité de vie de ses habitants. C’est en tous cas, résumé très grossièrement, ce qu’on leur reproche. Quand même, pour l’exemple de l’agriculture, je suis assez d’accord avec MM. Banque mondiale et FMI. Pourquoi mettre tant d’argent dans le secteur agricole, quand le système de l’éducation, par exemple, est dans un état pitoyable ? Il n’y a pas une année qui passe sans que les étudiants ou les professeurs tombent en grève. Cette année seulement, les professeurs d’université sont en grève depuis octobre ! Autant le dire, les étudiants sont déjà résignés à perdre cette année scolaire…
Par ailleurs, malgré tout l’espoir mis dans des secteurs comme l’agriculture, celle-ci dépend en grande mesure de l’aide externe. Outre la collaboration des Chinois, l’unité de production des tracteurs a été créée en grande partie grâce à l’apport fructueux de la coopération indienne. Pourtant, bien que le Mali soit l’un des pays les plus pauvres au monde, il regorge de richesses. Son sous-sol, notamment, déborde de minéraux (le Mali est la troisième réserve d’or après l’Afrique du Sud et le Ghana), tandis que le nord devrait voir sortir d’ici 2008 ses premiers barils de pétrole. De telles richesses créent des emplois, bien sûr. Ce n’est pas une mauvaise chose dans un pays où le taux de chômage frôle les 15%. Mais il semble que ces richesses profitent davantage aux multinationales sud-africaines, américaines, canadiennes ou suisses (ici, un article sur le sujet d’un quotidien suisse - l'article date un peu, mais il demeure très intéressant). De plus, l’arrivée massive d’expatriés fait monter en flèche le coût de la vie, tandis que les salaires des employés locaux n’augmentent pas en conséquence.
Ainsi, octroyer des milliards au secteur agricole malien ne me semble pas une bonne stratégie. Mais alors, comment faire en sorte que les véritables richesses maliennes profitent réellement à la population malienne ?
Intéressante analyse, le fait est qu'il n'y a pas de solution miracle pour développer (nos) pays si pauvres. Je crois que la combinaison de facteurs porteurs, pour qu'un pays comme le Mali décolle, ne sont pas évidents à concevoir. Mon raisonnement est simple: il n'existe pas de précedent, d'où peuvent bien venir les recettes à appliquer? Le modèle habituel inspiré de la révolution industrielle est inadapté, je crois que cela explique les hésitations et multiples "tir manqués" ça et là. Il faut peut être procéder par élimination, en choisissant des objectifs réalistes et atteignables.
Merci pour vos réflexions et ce platform de débat.
Amicalement (je suis malien)