mercredi, janvier 31, 2007
La pluie et le beau temps
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À Bamako, le calme et la tranquilité ne sont pas des mots à la mode. Il y a des matins où, quand je vois le soleil briller, il me prend des envies d’aller tranquillement boire mon café sur la terrasse, espérant écouter le chant des oiseaux, le bruit du vent qui souffle dans les feuilles des arbres. Plutôt, j’entends les enfants crier, des ballons qui frappent sur les murs, des femmes qui pilent le grain, des tailleurs ambulants qui frappent leurs ciseaux pour qu’on sache qu’ils sont là, la trompette des vendeurs de glace qui fait “pouet ! pouet!”, l’appel à la prière que l’on chante dans des haut-parleurs des mosquées. Quand les gens sortent leur tapis de prière pour se recueillir quelques minutes, ils le font dans un bruit incessant… D’ailleurs, les Maliens semblent beaucoup moins indisposés par le bruit que l’occidentale que je suis peut l’être. Le son de la télé, mélangé à la musique qui joue à tue-tête, mélangé aux conversations des gens, mélangé au cri des enfants, mélangé à l’appel à la prière, il y a rien là ! Alors qu’avec autant de bruits, je deviens rapidement à fleur de peau, les Maliens ne semblent pas s’en formaliser. C’est normal… c’est la vie quoi ! Effectivement, le bruit, c’est signe de vie… Mais arrêter le temps quelques heures, c’est possible ?... Ou alors c’est un luxe qu’on ne peut pas se payer quand on sait que l’espérance de vie dans son pays est de 48 ans à peine ?...
lundi, janvier 29, 2007
Au Mali, on mange quoi ? La suite…
En fait, si je vais au supermarché, c’est pour deux choses essentiellement : la viande et les céréales. Pourquoi la viande ? Parce que là-bas elle est tranchée déjà, conservée dans des frigos, et bien à l’abri des insectes. Sans le supermarché, je devrais soit acheter la viande au marché, où les mouches s’en donnent à coeur joie, soit acheter ma viande sur pied, vivante...
Quant aux céréales, il est possible de trouver des boîtes de céréales dans les alimentations (épiceries) près de chez moi. Mais le choix est limité et le produit pas toujours frais, car les Maliens n’ont pas l’habitude de manger les céréales, trop dispendieuses. C’est au supermarché seulement que j’ai un peu plus de choix. Seulement, au supermarché, c’est cher. Une boîte de céréales de type Muslix ou Special K va me coûter plus de 3000FCFA, soit près de 8 ou 9$CAN.
Ainsi, voilà l’inconvénient du supermarché : comme la plupart des produits là-bas sont importés, de France généralement, ils sont chers ! Quelques exemples ? Une barre de chocolat du genre KitKat ou Bounty : 800FCFA, soit 2$CAN. Une boîte de jus de légumes : plus de 2000FCFA, donc plus de 5$CAN. Un petit paquet de craquelins : 2500FCFA, soit plus de 6$CAN. Des ananas en boîte (pour quand je suis trop paresseuse pour couper les fruits entiers) : 900FCFA, soit plus de 2$CAN. La différence n’est pas énorme, mais elle se fait sentir dans le total de la facture. Si j’économise beaucoup d’argent en faisant mes achats au marché en plein air, je brûle toutes mes économies à chaque virée au supermarché!
jeudi, janvier 25, 2007
Le service à la clientèle
Par exemple, hier, je contacte une entreprise pour le boulot. Après avoir parlé à la réceptionniste (que je dérangeais sûrement, étant donné le ton de sa voix), j'ai été mise sur attente de nombreuses minutes pour finalement tomber sur le système main libre d'une salle, vide, au fond de laquelle j'entendais deux hommes discuter. J'ai crié "Allo, allo !" quelques instants... puis raccroché. Je devrai essayer de rappeler plus tard, en espérant tomber cette fois-là sur une réceptionniste un peu plus habituée aux transferts d'appel.
Autre exemple : Je me suis rendue à 3 reprises aux bureaux d'une agence de voyage près de chez moi. Chaque fois, les bureaux étaient fermés. J'ai essayé d'appeler, sans succès. Envoyer un email est ici une solution de dernier recours. C'est ce que j'ai fait. On a répondu à mon email par une lettre qui disait d'appeler ou de me présenter sur place... à des heures qui ne conviennent pas du tout à quelqu'un qui travaille de 8h30 à 17h tous les jours ! J'ai fait affaire avec cette agence, vous croyez ?
Autre exemple : Récemment, je suis entrée dans un magasin de produits de beauté près de chez moi. Il y avait là 6 vendeuses assises devant une télé dont le volume était tellement élevé que j'ai du crier pour me faire entendre. J'ai demandé ce que je cherchais, et l'une des vendeuses m'a vaguement répondu que je devais repasser le lendemain car ils étaient sur le point de fermer. J'y suis retournée, vous pensez ?
Bref, obtenir un renseignement, une information, même acheter un produit ou un service est toujours franchement frustrant, voire décourageant. On se fout de perdre une vente, on se fout de perdre un client... Et de mon côté, je laisse tomber de nombreux projets simplement parce qu'il est trop difficile de les réaliser... Il y a ici un certain laisser-aller qui fait du bien quand on vient du Canada, où le stress est omniprésent. Mais quand on souhaite se bouger un peu le derrière et concrétiser des projets, ce laisser-aller devient un gros obstacle !
mercredi, janvier 24, 2007
Quand du thé au citron fait voyager...
Mais j'ai toujours préféré le café. Ainsi, depuis que je suis au Mali, je bois le café façon malienne : une cuillère de café instantané Nescafé, du lait en poudre et du sucre (que les Maliens remplacent parfois par du lait condensé sucré). Oui, en effet, les Maliens aiment leur café bien sucré. Par contre, il arrive que les médicaments que je prends pour me protéger du paludisme me donnent la nausée. Dans ces moments-là, je deviens incapable d'avaler des produits laitiers, et, comme certains Maliens, je me prépare du thé Lipton au citron pour le petit déjeuner. Et chaque fois, immanquablement, le thé au citron me ramène à Kesckémet, cette petite ville hongroise que j'ai habitée pendant quelques mois, il y a de cela déjà plusieurs années. J'ai beau me trouver en plein coeur de l'Afrique de l'ouest, immanquablement, le thé au citron, que je ne bois pratiquement jamais au Canada, me ramène dans la maison de la famille Szucs, en Hongrie.
Ainsi, je constate que, si tous nos sens savent nous faire voyager, le goût et l'odorat sont ceux qui y arrivent avec la plus grande puissance. Le goût et l'odorat réveillent des images mentales précises et des impressions fortes, ce qui me laisse croire qu'il y a en effet dans notre relation à la nourriture une grande part d'affectivité. En tous cas, c'est toujours un immense plaisir pour moi de quitter quelques minutes le continent africain, qui m'a toujours tellement fascinée, pour une autre région du monde, tout aussi fascinante : l'Europe de l'est. Ce sont deux régions du monde tellement différentes. Mais ce sont deux régions du monde dont l'évocation sera toujours douce à mes oreilles...
lundi, janvier 22, 2007
Analyse non scientifique des expatriés à Bamako
vendredi, janvier 19, 2007
Les accommodements raisonnables
J'ai lu quelques articles sur le sujet, j'ai lu des commentaires sur des blogues, des lettres d'opinion... Et bizarrement, je ne sais toujours pas où je me situe dans ce débat. Je suis originaire d'un pays occidental à tradition chrétienne, je séjourne dans un pays à majorité musulmane où des pratiques telles que le port du voile, la polygamie et l'excision sont répandues. Quand je dis aux gens ici que ces pratiques sont critiquées au Canada, voir illégales, ils sont surpris, parfois choqués. En effet, les questions de culture, de religion et de tradition, qui souvent se mêlent les unes aux autres, touchent des valeurs profondes. Elles touchent des valeurs souvent acquises dès la tendre enfance et qui nous servent de référence, pour le reste de notre vie, quand vient le temps de juger de ce qui est bien et de ce qui est mal...
Quand on prépare un long séjour dans un pays étranger, on nous parle souvent du choc culturel. On nous avertit que nos propres valeurs, même nos valeurs profondes, seront confrontées, peut-être modifiées. Effectivement, vivre dans un pays où la culture et les traditions sont si différentes de celles auxquelles je suis habituée m'incite à me poser de nombreuses questions. Mes idées sur certains sujets changent. Ou en tous cas, elles deviennent plus nuancées. Je pense à la polygamie, par exemple. Avant de quitter le Canada, j'ai répété à combien de reprises que c'était une pratique incompréhensible pour moi ? Aujourd'hui encore, je trouve que cette pratique place les femmes dans un état d'infériorité... Aujourd'hui encore, c'est une pratique que je m'explique mal... mais qui fait désormais partie de mon quotidien. J'habite une maison construite par un homme polygame, qui a prévu un étage pour chacune de ses femmes. Des patrons, des chefs d'entreprise, des personnes que je côtoie tous les jours sont polygames. Des hommes qui se sont toujours défendus d'être monogames soudainement se remettent en question et envisagent la polygamie, pour diverses raisons. Des femmes encore jeunes acceptent de marier un homme déjà marié. Dans certains cas même, bien que rares, c'est la femme même qui encourage son mari à la polygamie. Enfin, quand j'explique que, pour moi, c'est une pratique incompréhensible, on me répond souvent qu'au Canada, tous ces hommes et ces femmes qui trompent leur conjoint pratiquent eux aussi une forme de polygamie non institutionnalisée... Bref, des arguments nouveaux se présentent à moi et, s'ils ne rendent pas la chose plus acceptable pour moi, ils la rendent en tous cas plus compréhensible...
Malgré mes nombreuses discussions et réflexions sur les différences culturelles, le débat sur les accommodements raisonnables me laisse sans voix. Bizarrement, je me sens plus ou moins concernée par ce débat de société. Pourtant, je baigne chaque jour dans les "accommodements raisonnables" ! Chaque jour, je fais le tri entre les pratiques maliennes acceptables et inacceptables pour moi. Je fais le tri également entre les pratiques canadiennes que je souhaite conservées coûte que coûte, et celles qui soudainement me paraissent incongrues. Chaque jour, je remets en question des pratiques, des traditions, des valeurs maliennes, chaque jour, je remets en question des pratiques, des traditions, des valeurs canadiennes. Cette réflexion s'accompagne de nombreuses discussions avec mon entourage (des Maliens, des Africains vivant au Canada, des Canadiens vivant au Mali ou au Canada). Mais cette réflexion demeure, au bout du compte, très personnelle...
Je comprends tout de même qu'au Canada, le débat soit devenu social. Comment faire autrement quand un groupe impose des contraintes à un autre groupe qui n'en a rien à foutre ? Ce qui est difficile, au bout du compte, n'est-ce pas de déterminer la limite entre l'acceptable et l'inacceptable ? On fait comment pour trancher ? Quand on sait que même les notions de bien et de mal ne sont pas universelles (le problème de l'excision notamment le montre bien), on réalise qu'en tous cas, la tâche sera difficile !
mercredi, janvier 17, 2007
Porter le voile
Loin de moi l’idée de commencer à porter le voile à la manière des musulmanes. J’ai tout de même pris l’habitude d’enrouler autour de mon cou, tous les matins en partant au boulot, un foulard que je remonte sur ma bouche et mon nez, question d’empêcher la poussière et la pollution d’envahir mes poumons. Et chaque fois que je me ballade en ville en plein jour sous le soleil, je regrette de ne pas avoir couvert ma tête…
mardi, janvier 16, 2007
Au Mali, on mange quoi ? Des fruits !
On peut aussi acheter des papayes (environ 400 FCFA une petite, 1000 FCFA une grosse) et des oranges. Les oranges, par contre, portent mal leur nom, car en fait, elles sont jaunes ou vertes, très fibreuses et peu juteuses. Bref, elles ne sont pas très bonnes. Pour cette raison, les gens consomment les oranges différemment que chez nous. Plutôt que d’en défaire chaque morceau un à un, ils enlèvent la pelure tout en conservant la couche blanche, et ils sucent l’intérieur du fruit, sans le défaire. Récemment, j’ai vu à de rares endroits des oranges vraiment oranges, mais on m’a dit qu’elles venaient du Sénégal comme ça, et qu’elles étaient donc plus chères (environ 250 FCFA du fruit, ce qui est dispendieux quand on compare au prix des bananes par exemple). J’ai aussi trouvé des clémentines, mais encore là, elles sont rares bien que peu dispendieuses. Comme l’orange “orange”, la pomme, généralement jaune, est un fruit de luxe, ici. En effet, une pomme à 250 FCFA ne nourrira qu’une personne, tandis que la dizaine de bananes qu’on peut avoir pour le même prix nourrira une famille. À certains endroits, on peut trouver des ananas, que généralement les femmes coupent devant nous, avec beaucoup d’agilité d’ailleurs. Une femme habituée peut, en effet, peler et couper un ananas en moins d’une minute. On trouve assez facilement, aussi, ce qu’on appelle des citrons, mais qui ressemblent, en fait, par leur couleur, leur grosseur et leur parfum, à des limes.
Enfin, il y a au Mali de nombreux manguiers. Mais pour le moment, les mangues sont rares, trop rares. C’est avec beaucoup d’impatience que j’attends le début de la saison, prévue pour février ou mars, selon les régions. On m’a dit qu’outre les petites mangues comme celles qu’on trouve au Canada, on trouve également au Mali de grosses mangues, de la grosseur d’une papaye. Ces grosses mangues, paraît-il, font dormir et ont un parfum très différent. Je me promets bien d’essayer, en tous cas.
En tous cas, bien que les fruits ici soient disponibles en moins grande variété qu’au Canada, ils sont toujours très goûteux. Comme ils sont peu dispendieux et qu’il est plus simple de les acheter entiers et en grande quantité, j’ai pris l’habitude de me préparer, chaque semaine, une grosse salade de fruits. La pastèque mélangée à la papaye mélangée à l’ananas mélangée à la mangue mélangée à l’orange mélangée à la banane, c’est délicieux. Une telle salade de fruits coûterait une fortune au Canada, j’imagine. En tous cas, pour le moment, j’en profite à fond !
Bizarrement toutefois, les Maliens en général semblent être peu habitués aux fruits transformés, et ils sont rares à consommer les salades de fruits, les jus de fruits ou les confitures. Pourquoi ? Peut-être parce qu’ils n’ont pas nécessairement les moyens de se payer des frigos, peut-être parce qu’ils n’ont généralement pas la dent sucrée… En fait, j’en sais trop rien !
lundi, janvier 15, 2007
D’un quartier à l’autre
Quand nous avons quitté la maison pour nous asseoir quelques minutes dans la rue, toujours dans Badalabougou, nous avons constaté la tranquilité du quartier. Bien qu’il y ait des enfants dans chaque maison, semble-t-il, aucun ne traînait dans la rue. Franchement, le contraste est grand avec Lafiabougou, où les enfants sont partout, mais absolument partout, dans la rue, dans la cour des maisons… Si on ne les surveille pas un peu, ils entrent même dans notre maison, parfois à notre insu. On a bien du mal, d’ailleurs, à leur faire comprendre de frapper avant d’entrer. Bref, c’est ainsi que nous avons découvert qu’à Bamako également, comme dans toutes les villes du monde peut-être, se côtoient différentes classes sociales.
Je dois le dire, ma petite balade dans Badalabougou m’a un peu fait regretter la tranquilité à laquelle je suis habituée au Canada. Lafiabougou est tout, sauf tranquille. Il y a toujours plein de monde dans la rue, beaucoup de bruits… Même à la maison, à moins de m’enfermer, la porte fermée, dans ma chambre, j’ai du mal à trouver la tranquilité, tellement il y a de va-et-vient : les enfants qui jouent, qui n’écoutent pas quand on leur dit d’aller jouer ailleurs, les voisins qui viennent dire bonjour, ceux qui viennent jouer un peu avec la guitare de notre gardien… Quand même, je crois que ce fut une chance pour nous d’aménager dans un quartier tel Lafiabougou, où les gens, s’ils sont parfois envahissants, ont au moins le mérite d’être accessibles. Nathalie et moi avons développé une relation très intéressante avec des gens du voisinage, et certains d’entre eux deviennent peu à peu des amis. Je ne crois pas que cela aurait été possible, malheureusement, si nous avions habité dans Badalabougou.
NB Notre balade dans Badalabougou nous a donné la chance de voir, pour la première fois depuis que je suis à Bamako, deux hommes venus du nord sur leur dromadaire (ou bien c'était des chameaux ? J'ai mal vu le nombre de bosses, en fait !). Ils sont ici, paraît-il, pour la fête de l’armée, prévue pour le 20 janvier prochain. Ah, c’était exotique de voir ces touaregs sur leur chameau, au coeur de la ville, comme ça. Et puis ça me rappelle que JE DOIS aller faire un tour dans le nord du pays !
vendredi, janvier 12, 2007
Au Mali, on mange quoi ?
D’abord, disons que, selon que l’on est malien ou toubab, ou pauvre ou riche, ce qui revient presque au même, on mange différemment. Le malien moyen, plus ou moins fortuné, mange du riz tous les jours ou presque, et ce à presque tous les repas. Pour le déjeuner, on prépare le riz en bouillie, auquel on ajoute du lait et du sucre. J’ai goûté et j’aime pas trop. Il faut aimer le gruau pour apprécier, je crois. Pour le repas du midi et celui du soir, on prépare le riz, généralement blanc, que l’on mange avec de la sauce. Les variantes sont dans la sauce. On prépare la sauce tomate, à laquelle on ajoute des morceaux de viande, généralement du mouton. Une sauce fort populaire est la sauce à la pâte d’arachides, très riche, à laquelle on ajoute également des morceaux de viande. On prépare en outre la sauce feuilles, une sauce verte un peu gluante préparée avec des feuilles. Au Burkina, on préparait notamment la sauce feuille avec des feuilles de baobab. Ici, les baobabs étant plutôt rares, on utilise notamment les feuilles de patates douces.
Les Maliens ont l’habitude d’ajouter aux sauces du gombo, soit un petit légume vert long et mince qui ressemble à un petit piment. Vous gardez ça pour vous, s.v.p., je n’aimerais pas offenser quelqu'un, mais personnellement, le gombo, je ne peux pas ! Ça donne une texture gluante à la sauce, qui forme de longs fils qu’on doit enrouler et enrouler encore autour de sa cuillère, de longs fils gluants qui me rappellent les films d’horreur dans lesquels des morts-vivants tout dégoulinants quittent leur tombeau pour effrayer les vivants, de longs fils gluants qui me rappellent ce que les enrhumés trouvent dans leur mouchoir… Bref. Vous comprenez, n’est-ce pas ? Je ne suis pourtant pas de nature exigeante, côté bouffe. Et les Maliens ont l’air d’adorer ! Quand même, entre le gombo et moi, le courant passe pas du tout !
Il existe des variantes au riz blanc : le couscous, différent du couscous arabe qu’on connaît au Canada, car plus pâteux ; le foniou, qui ressemble au couscous africain ; le to, qui ressemble à une purée de pommes de terre, en plus consistant et en plus collant ; et le riz gras. Le riz gras, quand même, j’aime bien. Il s’agit en fait de riz qu’on a cuit dans l’huile avec de la sauce tomate. Mais on le sert avec des aubergines. Les aubergines africaines n’ont rien à voir avec les aubergines violettes qu’on peut acheter au Canada. Ce sont en fait de petits légumes, qui ont la forme d’une citrouille, mais la grosseur d’un citron, au goût très, trop amer. Encore là, c’est quelque chose que je suis incapable de manger. C’est comme le piment. Ici, régulièrement, les Maliens ajoutent à côté de leur plat une grosse cuillère de piment. Moi, une goutte de ce piment me brûle la bouche et m’empêche de goûter le reste de mon plat! Mais encore là, les Maliens, semble-t-il, ne peuvent pas s’en passer.
Bref, vous l’aurez deviné, les goûts maliens, voire les goûts africains, en matière de nourriture, sont franchement différents des goûts nord-américains. Il y a encore beaucoup de choses à dire sur ce qu’on mange au Mali. Mais ce billet est déjà si long… J’y reviendrai bientôt ! Parce que quand même, il ne faudrait pas croire que je suis incapable d'avaler toute forme de bouffe africaine ! Au contraire, il y a ici des choses délicieuses...
jeudi, janvier 11, 2007
Question d’intérêts
L’un des mandats d’ONUSIDA est de favoriser la collaboration entre les différentes organisations qui luttent contre le VIH/SIDA au Mali. Ces organisations, ce sont les différentes agences des Nations Unies, le Haut Conseil National de lutte contre le VIH/SIDA, différents ministères, des organisations gouvernementales ou non-gouvernementales nationales ou internationales... Les bailleurs de fonds qui, il faut l'admettre, tiennent souvent le gros bout du bâton, sont donc nombreux. Ainsi, nombre de rencontres auxquelles je participe deviennent en fait le théâtre de négociations à saveur diplomatique. Chacun souhaite voir son logo affiché en gros au haut des banderoles, personne ne souhaite voir son logo en côtoyer d’autres. Même au sein des Nations Unies, les négociations sont constantes, chaque agence souhaitant voir ses actions mises en évidence. Bref, disons-le, la collaboration est difficile. Certaines personnes savent garder le cap et ont toujours à l’esprit ce pour quoi elles travaillent en réalité, soit la lutte contre le VIH/SIDA. Mais il faut avouer qu’il est parfois difficile de garder le cap quand chaque rencontre ou presque finit par ressembler à une guerre de drapeaux, à une guerre de logos, où chacun défend les intérêts de son bailleur de fonds.
Quand on s’intéresse à des questions telles que le dialogue des civilisations, une telle constatation est un peu décourageante. En effet, comment peut-on espérer construire des ponts entre des personnes issues de différents pays, comment peut-on même espérer construire des ponts entre les habitants d’un même pays quand ceux sensés donner l’exemple, notamment les agences des Nations Unies, les organisations non-gouvernentales et gouvernementales, etc. passent leur temps à tirer sur leur côté de la couverture ?
Le “dialogue des civilisations” est-il un concept utopique ?...
mardi, janvier 09, 2007
Bamako, le film
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Au bout du compte, malgré les accusations portées contre la Banque mondiale, le FMI, et indirectement, contre les occidentaux et les blancs, le film est, sans contredit, pessimiste. C’est le principal reproche que je lui fais. Il me rappelle une chanson que j’entends souvent ici : “Mon pays va mal”. Oui, ton pays va mal. Et puis après ? Tu fais quoi pour remédier à la situation ? Est-ce suffisant de se plaindre que son pays va mal ? Et si on cherchait un peu des solutions, plutôt que de se limiter à des constats si pessimistes ?
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D’ailleurs, si jamais le film Bamako vient à sortir sur les écrans chez vous, je vous encourage fortement à le voir, surtout si vous souhaitez “sentir” Bamako. Le film a été tourné dans le quartier Hamdallaye, voisin de celui où j’habite et, franchement, c’est réellement la ville de Bamako, ses maisons, ses hommes, ses femmes et ses enfants que j’ai vus, que j’ai entendus, dans ce film.
lundi, janvier 08, 2007
Le beurre de karité
vendredi, janvier 05, 2007
Le cheval blanc du Mali
C’est lui que j’ai vu en spectacle, le 30 décembre dernier, au club Le Moffou, créé par M. Keïta lui-même. C’était un concert très intime, et l’artiste a invité les spectateurs à danser devant la scène, disant qu’il avait organisé un party plus qu’un concert… Par contre, la partie que j’ai préférée, c’est quand Salif s’est présenté seul avec sa guitare sur la scène et qu’il a chanté de belles chansons d’amour…
D’ailleurs, si Salif Keïta a à son actif de nombreux albums maintenant, l’un de ses morceaux les plus connus est justement une chanson d’amour, Yamore, qu’il chante en duo avec la grande Cesaria Evora, à la fois en français, en espagnol et en bamanan.
À la fin de la soirée, quand je suis rentrée à la maison, je me suis assise avec quelques voisins qui avaient allumé un feu. Par hasard, ils écoutaient une cassette de Salif… Ça m’a donné l’impression que le spectacle se continuait jusque chez nous…
Le site Web officiel de Salif Keïta : http://salifkeita.artistes.universalmusic.fr
jeudi, janvier 04, 2007
La Tabaski
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Puis le carnage a pu commencer. En fait, à la Tabaski, il est d’usage de tuer un ou plusieurs béliers dans chaque famille en guise de sacrifice. Ainsi, chaque famille a égorgé ses béliers. Puis le boulot a commencé. Les hommes et les femmes se sont mis au travail afin d’abord d’enlever la peau à l’animal. La peau, en effet, sera utilisée pour faire des tapis de prière. Puis on arrange la viande qui sera mangée au cours de la journée et des jours à venir.
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À la Tabaski, la coutume veut également que les familles distribuent un peu de viande aux gens des alentours. C’est ainsi que Nathalie et moi, on s’est retrouvées avec, dans le frigo, une patte de mouton gracieusement offerte par le vieux Coulibaly. Comme on n’a pas de couteau décent pour couper la viande, on a au moins réussi à retourner ce présent chez les Coulibaly, qui se sont occupés d’arranger la viande, après qu’on leur ait expliqué que, d’abord, on n’était pas équipées pour ça, et puis que, de toutes façons, autant de viande allait se gaspiller avant même qu’on ait pu la manger. C’était quand même spécial de voir une patte de mouton au fond de notre mini frigo !
Bref, pour une bonne partie de la journée, la plupart des familles ont beaucoup travaillé pour préparer la viande. C’est seulement une fois que tout a été bien arrangé que les femmes ont revêtu leurs beaux habits tout neufs, leurs beaux souliers, et puis voilà ! Toute cette journée, il faut le dire, m’a laissée un peu perplexe. On préparait la fête depuis si longtemps ! Quand on me parlait de fête, je m’attendais à entendre de la musique, à voir des gens danser, à voir des gens s’amuser, jouer, rire… Eh ! bin non. D’après ce que j’en ai compris, faire la fête, à Bamako, c’est tuer un mouton, puis travailler, travailler et travailler, pour enfin revêtir de beaux habits et se faire photographier ainsi…
Franchement, je ne sais pas si c’est à cause de la religion ou quoi, mais depuis que j’ai traversé la période des fêtes à Bamako, j’ai l’étrange sentiment que les Maliens ne savent pas s’amuser. Ou en tous cas, leur façon de s’amuser et de faire la fête est vraiment différente de ce à quoi je suis habituée… Quelqu’un m’a dit que les fêtes, au Mali, c’est en brousse que ça se passe, qu’en fait, à Bamako, ça manquait d’ambiance. J’espère que c’est vrai ! Parce que franchement, les fêtes, à Bamako, il faut le dire, c’est plate !
Avant de venir au Mali, je connaissais des Africains leur goût pour la danse, leur goût pour la musique. Pour moi, les Africains, ce sont des gens qui, généralement, ont le coeur à la fête. Malheureusement, je n’ai pas retrouvé ce trait de caractère chez les Maliens de mon entourage au cours des fêtes qui se terminent à peine… Ou alors je fréquente les mauvaises personnes ?! En tous cas, je dois le dire, ça me manque vraiment de voir des gens s’amuser, lâcher leur fou, crier, danser, chanter… Dans certains cas, j’apprécie beaucoup la pudeur et la réserve typiques aux Maliens. Mais quand vient le temps de faire la fête, c’est une autre histoire !
mercredi, janvier 03, 2007
Sambè, Sambè ! San yèlèma !
C'est seulement dans la soirée du 1er janvier qu'on a réellement vu des gens s'amuser, alors qu'on s'est retrouvées dans une boîte, où on a passé une partie de la nuit. Ah, ça faisait du bien de voir, enfin, des gens danser et boire...
En tous cas, j'offre à tous mes meilleurs voeux pour l'année 2007. Qu'elle vous apporte le bonheur ! "Amina!" me répondraient les Maliens...
Une visite chez les protestants
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Noël à Bamako
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La journée même de Noël a été très tranquille. Nathalie et moi, on ne le savait toujours pas, mais on couvait une grippe, ce qui nous a un peu ralenties. Simplement, on s’est reposées… et un voisin nous a offert à chacune un très joli cadeau de Noël : une peinture représentant un village malien…